La stratégie politique de l'UDC peut se résumer ainsi: elle prend en otage des thèmes/des événements qui sucitent le débat ou qui frappent l'attention afin d'enregistrer des succès électoraux et d'imposer ses vues libérales-conservatrices. Dernier exemple en date: Harmos.
La présidente de la conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique, Isabelle Chassot, l'a bien dit cette semaine dans "Le Temps": le combat que vient de lancer l'UDC contre cet accord (lors de la consultation le parti n'avait pas exprimé de critiques) est "un alibi". Elle a toutefois omis de dire pour quoi.
En combattant Harmos, l'UDC a trouvé une porte d'entrée dans le débat sur l'école. Un domaine dans lequel elle veut à long terme imposer des vues radicales: économies et privatisations.
L'UDC a procédé de la même façon avec les naturalisations. Elle a profité des problèmes que posaient la naturalisation par les urnes à Emmen (LU) pour lancer une initiative populaire nationale sur le sujet et maintenir ainsi le thème des étrangers aux premières loges du débat public.
Or, les mesures prises par les cantons depuis le scandale d'Emmen ont permis d'améliorer la qualité des naturalisations et les a rendues plus efficaces. Les communes qui naturalisaient dans les urnes avant 2003 ne souhaitent pas forcément revenir en arrière. L'initiative devrait donc être retirée. Mais le kidnappeur n'a pour but d'améliorer les problèmes concrets du pays, il attend sa rançon électorale dans les urnes...