mardi, juin 17, 2008

L'étrange absence d'Eveline Widmer-Schlumpf

L'UDC grisonne a décidé hier soir à Landquart de se rebaptiser "Bürgerliche Partei Schweiz" (BPS). Etonnement, la membre la plus éminente du nouveau parti, la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, n'a pas assisté à cette réunion décisive.

Cela alors qu'elle a très vraisemblablement participé au projet de nouveau parti et qu'elle avait préparé une déclaration lue en fin de séance dans laquelle elle a confirmé qu'elle participera au nouveau parti.

Une telle formation a besoin d'un(e) leader pour pouvoir atteindre ses buts. Eveline-Widmer Schlumpf est la cheffe de file naturelle de ce mouvement. On voit mal comment la conseillère fédérale pourra encore longtemps faire comme si elle ne l'était pas. Sa grande popularité pourrait donner beaucoup d'élan au nouveau BPS.

lundi, juin 02, 2008

Le début de l'extinction de la comète Blocher?

Quel symbole! Christoph Blocher est sorti hier par le petite porte de l'hôtel Mariott de Zurich, après que le comité central de l'UDC a décidé d'exclure sa section grisonne. Il était alors déjà clair que l'UDC n'allait pas gagner sur les naturalisations, un sujet pour lequel Christoph Blocher avait tout donné. Le début de l'extinction de la comète Blocher?

Référendums plutôt qu'initiatives

Etonnante leçon tirée ce matin dans le "Tages-Anzeiger" par le président de l'UDC suisse suite à la débâcle d'hier: "Les initiatives populaires ne devraient pas être l'instrument central de l'opposition, il faut plutôt miser sur les référendums".

vendredi, mai 09, 2008

Naturalisations: le PRD a trouvé l'argument qui tue

Enfin! Le PRD zurichois a trouvé "l'argument qui tue" contre l'initiative de l'UDC sur les naturalisations: Si on réintroduit la naturalisation dans les urnes, les communes à majorité de gauche pourront procéder à des naturalisations de masse, écrit le PRD zurichois dans un encart publicitaire à paraître.

L'invraisemblable est en train de se passer

L'invraisemblable est en train de se passer: l'écrasante majorité des partis politiques, les Eglises et les organisations de toutes sortes sont contre l'initiative de l'UDC sur les naturalisations. Un écrasante majorité des communes pratiquent la naturalisation sans problème. Et les citoyens s'apprêteraient à accepter le texte.

Pas étonnant! Ceux qui sont contre le disent mais ne font pas campagne! Avez-vous vu d'autres affiches et encarts publicitaires sur le sujet que ceux de l'UDC? Non. Nous n'avons pas d'argent, disent les opposants! Je ne comprend pas pourquoi on laisse tant de champ libre à l'UDC dans cette votation. Ce d'autant plus que si ce parti gagne, sa victoire risque une nouvelle fois d'être mise en relation avec la non-réélection de C. Blocher au Conseil fédéral. Et que l'UDC risque d'utiliser sa victoire comme un premier trophée dans sa longue lutte contre les tribunaux. Comment réagiront d'ailleurs les tribunaux en cas de victoire?

mercredi, mai 07, 2008

Ceux qui ont fait tomber Blocher semblent durablement divisés

La non réélection de Christoph Blocher au Conseil fédéral divise durablement les autres partis. Ceux-ci n'arrivent visiblement pas à tirer profit de l'affaiblissement de l'UDC et de ses divisions internes.

Le PDC se distancie ostensiblement du PS, par crainte qu'on croit qu'il se soit rapproché de la gauche, avec qui il a fait tomber M. Blocher. Le PRD qui a officiellement soutenu M. Blocher n'a pas été suivi par tous ses députés. Il ne sait donc plus sur quel pied danser et ne sait pas quelle alliance choisir pour sauver son deuxième siège fédéral lorsque M. Couchepin se retirera. Ce d'autant plus que l'avenir de Mme Schlumpf est incertain.

La conséquence est paradoxale: la campagne de l'UDC contre les naturalisations profite de la division des autres partis. Ces derniers étant désunis, ils n'ont presque pas d'argent
pour lutter contre l'initiative. L'UDC est donc la seule à faire véritablement campagne.

Professionnaliser le lien social

Une personne me disait dernièrement que le fait qu'autant de conseillers, thérapeutes, coaches et autres consultants soient actifs dans la société est un signe que celle-ci va mal. Je privilégie une autre interprétation.

Je crois que cette évolution est positive. Oser chercher de l'aide est une bonne chose. Certes c'est là le signe que la société est devenue complexe, dure, que les individus y sont (s'y sentent) plus isolés. Mais les coaches permettent justement de se délester un peu du poids des choses et d'obtenir un soutien.

Ils permettent de recréer du lien social, du lien humain, là où il manque. Je crois que la société doit encourager, de plus en plus, le lien social sous toutes ses formes. Je crois que professionnaliser le lien social peut-être une bonne chose. Le retour aux liens - notamment familiaux - traditionnels comme le prônent certains n'est pas une solution. Les conseils donnés par des professionnels sont de bien meilleure qualité et sont bien plus neutres.

mardi, mai 06, 2008

Décevante "NZZ"

Dans un long commentaire publié aujourd'hui, la "NZZ" critique les structures mises en place par le gouvernement et l'administration fédérale durant les dernières décennies pour assurer sa communication. Il s'agit d'un véritable pamphlet contre l'activité de communication de la Confédération.

Il est vrai qu'il y a de quoi s'interroger sur le fait qu'aujourd'hui le porte-parole est devenu l'interlocuteur principal du journaliste. Mais le commentateur de la "NZZ" devrait rappeler que cela est un fait général, qu'il ne concerne pas seulement l'information politique et administrative. La Confédération n'est pas la seule à s'être dotée de nombreux professionnels de la communication. Les entreprises privées - chère à la "NZZ" - l'ont également fait. Et je ne parle pas des partis politiques - l'UDC en tête.

Il y aurait de quoi critiquer cette évolution en général. Mais ce que fait aujourd'hui est vil. Elle s'attaque à la communication de l'Etat pour critiquer l'Etat, la cible favorite des radicaux-libéraux dont elle est proche. Dans ce commentaire, les structures de communication apparaissent comme une nouvelle émanation de "l'Etat débordant".

Le commentateur devrait au moins avoir le courage d'aller jusqu'au bout et dire qu'il est donc favorable (?) à l'initiative "muselière" émanant de la droite conservatrice. Le texte soumis au peuple le 1er juin est toutefois combattu par le parti radical.

mercredi, avril 16, 2008

Kidnapper pour mieux régner

La stratégie politique de l'UDC peut se résumer ainsi: elle prend en otage des thèmes/des événements qui sucitent le débat ou qui frappent l'attention afin d'enregistrer des succès électoraux et d'imposer ses vues libérales-conservatrices. Dernier exemple en date: Harmos.

La présidente de la conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique, Isabelle Chassot, l'a bien dit cette semaine dans "Le Temps": le combat que vient de lancer l'UDC contre cet accord (lors de la consultation le parti n'avait pas exprimé de critiques) est "un alibi". Elle a toutefois omis de dire pour quoi.

En combattant Harmos, l'UDC a trouvé une porte d'entrée dans le débat sur l'école. Un domaine dans lequel elle veut à long terme imposer des vues radicales: économies et privatisations.

L'UDC a procédé de la même façon avec les naturalisations. Elle a profité des problèmes que posaient la naturalisation par les urnes à Emmen (LU) pour lancer une initiative populaire nationale sur le sujet et maintenir ainsi le thème des étrangers aux premières loges du débat public.

Or, les mesures prises par les cantons depuis le scandale d'Emmen ont permis d'améliorer la qualité des naturalisations et les a rendues plus efficaces. Les communes qui naturalisaient dans les urnes avant 2003 ne souhaitent pas forcément revenir en arrière. L'initiative devrait donc être retirée. Mais le kidnappeur n'a pour but d'améliorer les problèmes concrets du pays, il attend sa rançon électorale dans les urnes...

Le pays a besoin de nouveaux Suisses

Soyons fous, disons-le: La Suisse a besoin de nouveaux Suisses. Les Suisses ne faisant que peu d'enfants, la seule façon de "faire" de nouveaux citoyens est la naturalisation des étrangers. La naturalisation des étrangers vivant dans le pays est le seul moyen de garantir la pérennité du pays et de son système politique (pour cela on pourrait aussi donner le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers). Et que serait l'équipe nationale de football sans les naturalisations?

vendredi, avril 11, 2008

Eveline, héroïne malgré elle

Eveline Widmer-Schlumpf est en train de devenir une héroïne malgré elle. Elle n'a pas cherché le pouvoir qu'elle détient aujourd'hui. Elle n'a pas cherché l'attention dont elle jouit aujourd'hui. Elle n'a pas non plus profité de ses 100 jours passés au Conseil fédéral pour faire de déclaration fracassante (une occasion ratée?).

Non, elle semble vouloir incarner la force tranquille, le côté rassurant du pouvoir, comme on le connaît en Suisse. Pour mieux s'opposer au pouvoir destructeur de son parti et à la peur qu'il cherche à susciter?

Un grande part de citoyen(ne)s semble se reconnaître en elle. Quelque 12'000 personnes lui ont apporté leur soutien dans le calme vendredi sur la Place fédérale. Christoph Blocher avait mobilisé 10'000 personnes le 7 octobre dernier dans la capitale. Le défilé avait été suivi de heurts.

Le S-Bahn: une forme d'aide au développement

Une marche m'a conduit mercredi à Wattwil (SG), le chef-lieu du Toggenbourg, une région périphérique qui a de la peine à se développer. Bonnes nouvelles: on y construit de nouveaux logements! Et pas n'importe lesquels, des appartements qui semblent être destinés à la classe moyenne supérieure, comme ceux qu'on trouve dans l'agglomération zurichoise.

La collaboration entre les compagnies ferroviaires de la région a permis de réduire la distance à 1 heure entre Wattwil et Zurich. Le Toggenbourg, géographiquement proche de Zurich mais coupé du centre par de hautes montagnes, est ainsi désenclavé. Quelle opportunité pour ce bastion conservateur!