vendredi, janvier 27, 2006

Veuillez chasser cet individu que je ne saurais regarder!

On sait désormais qu'il est légal en Suisse d'interdire certains citoyens dans certains périmètres des cités. La plus haute instance du pays, le Tribunal fédéral, a tranché. Il estime que la loi bernoise permettant de renvoyer de certains lieux passants les marginaux qui s'y tiennent ne pose aucun problème.

Que font ces gens? Ils boivent des bières bons marchés, jouent avec leur fidèle chien, discutent entre eux, crient parfois, rigolent ou se plaignent, y compris les jours où il fait froid. Et surout ils observent. Ils observent leurs contemporains pressés et leur tendent l'image d'une oisiveté scandaleuse. Bien sûr, ils pourraient se tenir ailleurs, chez eux, dans un centre d'accueil, mais qui n'a pas envie de sortir, de voir ce qui se passe dans le monde?

Après les prostituées chassées de leurs vitrines à Zurich, au tour des marginaux. Les fumeurs seront bientôt interdits de café et de restaurant. Les chiens sont devenus suspects. Je ne parle pas des requérants d'asile et des sans-papiers - un problème plus vieux. Les enfants, on en fait de moins en moins. Et les sécheresses, les intempéries?

Nous supportons de moins en moins les différences, les nuisances, les situations inattendues. Pourquoi? Est-ce nouveau ou une irration qui s'accentue périodiquement? Jusqu'où ira-t-on? Je me sens moi-même irrémédiablement pris dans cette évolution. Depuis que j'ai arrêté de fumer, je pourrais étrangler ceux qui fument dans la cafétériat. Je voterais "oui" à l'interdiction des voitures, etc, etc ....

mercredi, janvier 25, 2006

Josef chez les Obwaldiens: le premier touriste politique

Le déménagement du conseiller national Josef Zisyadis à Obwald relève du cabaret politique. Dès l'entrée en scène, le numéro est plein d'humour. Le popiste joue le rôle d'un Marcel Ospel inversé. Au tourisme fiscal, M. Zisyadis répond par le tourisme politique, une discipline encore peu connue, mais qu'on ne peut qu'appeler à se répandre.

Dans un pays, où l'indépendance des cantons a une valeur si élevée, les petites phrases du Vaudois font plaisir à entendre: "Je me sens Suisse, quel que soit l'endroit où je me trouve", a-t-il dit au "Temps". "Mon centre d'intérêt est la Suisse", à l'ATS, qui lui demandait s'il était suffisamment encré à Obwald pour pouvoir être habilité à y faire recours contre la loi fiscale. Et au "Tages-Anzeiger" il a confié qu'il n'avait pas l'impression de s'immiscer dans un débat qui ne le regarde pas: "La concurrence fiscale concerne toute la Suisse, pas seulement un canton", a-t-il dit.

La farce pourrait bientôt se transformer en psychodrame. Si M. Zisyadis ne devrait pas se faire lyncher - politesse confédérale oblige - les Obwaldiens ne devraient pas éviter d'exercer une pression indirecte sur l'immigré. Première chicane: la mairie de Sarnen a indiqué mercredi à l'ATS qu'elle n'avait pas pu enregistré son nouvel habitant faute de papiers en règles. M. Zisyadis conteste. Selon lui, il a bel et bien pu s'inscrire dans la commune. La famille qui le loge commencerait déjà à souffrir du coucou qu'elle a accueilli dans son nid. M. Zisyadis parle déjà de premières pressions.

dimanche, janvier 22, 2006

Vive Marc!


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mercredi, janvier 18, 2006

Quand serons-nous prêts pour un nouveau grounding?

Le film "Grounding - Die letzten Tage der Swissair", qui sort cette semaine dans les salles alémaniques, permet-il de faire (enfin?) le deuil de la compagnie aérienne nationale. J'en doute. Le film redéroule certes les faits et les décisions qui ont conduit à la disparition de Swissair. Mais en dénonçant des coupables (Marcel Ospel, Moritz Suter et Philippe Brugisser), il contribue surtout à attiser une nouvelle fois les sentiments de scandale et de révolte. Pourquoi ne pas s'être interrogé - ne serait-ce que dans les interstices de ce film qui veut toucher un grand public - sur ces sentiments.

Pourquoi les Suisses ont-ils réagit aussi fortement à la perte de leur compagnie aérienne? Pourquoi se sont-ils sentis aussi gênés par le grounding? Quelques éléments du film permettent tout-de-même d'entamer la réflexion. D'abord Swissair a matérialisé le rêve du "petit" qui réussit parmi les grands. La stratégie de rachat de petites compagnies aérienne par M. Brugisser allait encore plus loin dans ce sens ("une alliance de petits contre les grands"). Swissair - la remise en contexte dans le débat sur l'entrée de la Suisse dans l'EEE le dit bien - c'était aussi resté indépendant et pouvoir se déplacer par soi-même dans le monde globalisé.

Troisième élément. Une citation de Carlo Schmid, le conseiller aux Etats d'Appenzell Rhodes-intérieures: "J'ai honte que cette flotte ait dû rester au sol à cause de factures non-payées." Le grounding semble avoir fait miroiter un cauchemar abyssal: des milliers de passagers étrangers sont restés cloués au sol, car des Suisses d'habitude si corrects et si fiables en matière financière n'étaient plus en mesure de régler des factures aussi bêtes qu'un plein de kérozène ou les nuits d'hôtel des pilotes. Pouvait-il y avoir un pire scénario pour un pays qui mise sur l'excellence pour sortir son épingle du jeu de la concurrence économique?

Un deuil pourrait nous permettre de nous confronter à notre relation à l'argent. Un deuil pourrait nous permettre de relativiser le sentiment de devoir toujours être infaillible. Quand serons-nous prêt pour un nouveau grounding?

Une nation cimentée par le sentiment d'infériorité

Le succès du dialecte en Suisse alémanique fait peur. Surtout en Suisse romande, constatait la semaine dernière le "Tages-Anzeiger", après un appel en faveur de l'allemand standard lancé par le Forum Helveticum et relayé presque uniquement par les médias romands.

L'utilisation fréquente du dialecte est ressenti par les Romands comme de l'arrogance envers leur minorité, notait le journal zurichois. Avant d'ajouter que les Alémaniques n'utilisent pas seulement le dialecte par confort, mais aussi pour se démarquer de la langue de leur grand voisin: l'Allemagne. Comme en Suisse romande, un réflexe d'infériorité est ici à l'oeuvre", poursuivait le journaliste, avant de conclure par une question: "Est-ce peut-être ce réflexe de minorité qui tient le pays ensemble?"

mercredi, janvier 11, 2006

Lorsqu'un président rend hommage au découvreur d'une puissante drogue

C'est trop rare pour ne pas le relever: le président de la Confédération helvétique, Moritz Leuenberger, a félicité mardi le chimiste bâlois Albert Hofmann à l'occasion des ses 100 ans. Dans une lettre, Moritz Leuenberger, qualifie le découvreur du LSD de "grand explorateur de la conscience humaine".

M. Hofmann a plaidé pour une prise en compte de la subjectivité dans l'expérience individuelle. Il a montré que tout ne se prête pas à une analyse objective, relève le président de la Confédération. A une époque, où on est à nouveau plus répressif face aux drogues, un tel hommage est un acte politique courageux.