mardi, février 28, 2006

Quelques paroles du disparu Benno Besson

Excusez mes obsessions, mais je ne peux pas m'empêcher de consigner ces paroles du metteur en scène Benno Besson parue dans "Le Temps" de vendredi dernier. A la question, "Comment avez-vous vécu les sept ans que vous avez passés à la direction de la Comédie de Genève, entre 1982 et 1989, Benno Besson a répondu:

"J'ai toujours eu le sentiment que les intérêts des gens, dans ce pays, sont étroits. Mes autorités de tutelle étaient très agréables mais dénuées de la moindre ambition. C'est un phénomène inouï, en Suisse: nous disposons de trois cultures européennes de première importance, et nous ne sommes pas capables de les mettre en contact. Je parle d'un contact vigoureux et créatif. Or, ces cultures sont plus compartimentées en Suisse qu'entre l'Allemagne et l'Italie, par exemple. Cela démontre un manque de conscience politique invraisemblable."

"D'où vient-il, selon vous?"

"D'un bien être, qui fait que chacun reste chez soi. Et d'une incurie profonde. Personne n'apprend en Suisse la véritable histoire de ce pays. A l'école, les choses s'arrêtaient au serment du Grütli. Au lieu d'enseigner les différences, on inculque une prétendue unité. C'est absurde. Qui s'intéresse à ces Vickings de 1291, à ces bandits? C'étaient de parfaits crétins. (...)"

Pour ma part, je me souviendrai, Monsieur Besson, de votre magnifique "Roi-Cerf" de Carlo Gozzi, vu en 1998 à la Comédie de Genève. Au revoir!

dimanche, février 26, 2006

Schaffhouse: 1, Suisse: 0 (peut-être -1)

Merci, les Schaffhousois! Vous avez dit aujourd'hui oui à l'apprentissage du français et de l'anglais au primaire, oui à l'enseignement précoce des langues. Vous avez reconnu - de justesse certes, mais quand-même - la nécessité de devenir plurilingue dans un monde mondialisé. Merci, on respire et on espère que les quatre autres cantons qui sont appelés à s'exprimer prochainement sur le même sujet vous suivrons!

Bien sûr, il ne faut pas se leurrer. Vous n'avez pas dit oui au français pour faire plaisir à des Suisses romands minorisés. Et vous n'avez pas dit oui, pour défendre le lien confédéral, cette chimère. Vous avez prouvé une fois de plus que le seul lien confédéral qui existe est celui de l'intérêt propre.

Si vous avez dit "oui", c'est que vous souhaitez que vos enfants puissent un jour éventuellement aller travailler à quelques kilomètres de là, à Zurich, là où plus on parle de langues, plus on a de chances professionnelles. Là où les enfants apprennent d'ores et déjà l'anglais et le français dès le plus jeune âge.

Pour les vertus culturelles du français, on repassera. En Suisse alémanique, cela fait belle lurette que la culture anglophone a supplanté les productions des esprits et des coeurs francophones. L'économie sauvera-t-elle la Suisse? L'homme peut-il se passer de culture? Let's see!

Si l'économie a gagné aujourd'hui de nouveaux bons petits soldats schaffhousois, la Suisse n'a en tous cas pas gagné de nouveaux vaillants confédérés. Peut-être en a-t-elle même perdu quelques uns. En effet, tout en voyant leur initiative populaire refusée à Schaffhouse, les opposants à l'apprentissage précoce de plusieurs langues ont gagné sur un point dimanche.

A cause d'eux, on parle désormais en Suisse du français comme "d'une langue étrangère". C'est ainsi que la plus haute instance helvétique en matière d'enseignement, la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP), a décrit le français dans un communiqué de presse dimanche. Disons-le, un tel choix de mots est un scandale de la part d'une institution qui sait très bien que les mots véhicules des idées qui marquent les esprits, presque malgré eux.

Bref, it's done! Nous vivons dans une Confédération d'intérêts économiques. Les Alémaniques apprendront désormais le français afin de pouvoir avoir des relations économiques avec un pays étranger qui s'appelle Suisse romande. Les Romands apprendront l'allemand pour avoir des relations économiques avec un pays étranger qui s'appelle la Suisse alémanique. Et tout le monde apprendra l'anglais pour faire du business avec le reste du monde. Le taux de suicide que nous connaissons en Suisse n'est pas prêt de baisser!

vendredi, février 17, 2006

Le PDC ne cesse d'étonner

Décidemment le PDC me plait de plus en plus. Le magazine "Facts" a révélé jeudi que les démocrates-chrétiens sont en train de préparer un papier de position pour une meilleure intégration des musulmans en Suisse. Il semble que le PDC veuille d'une part plus de fermeté à l'égard des islamistes et veuille exiger que les musulmans respectent nos principales lois et valeurs (égalité hommes/femmes, neutralité religieuse des écoles). D'autre part, ils doivent pouvoir pratiquer librement leur religion (port du voile dans le privé, libération de l'école pour certaines fêtes religieuses). Voilà un discours qui tranche avec la forte polarisation du débat sur les caricatures de Mahomet. Quelle perspicacité politique! Nous avons besoin de définir quelle intégration nous souhaitons pour les communautés étrangères en Suisse. Quand est-ce que la gauche se mettra elle aussi à poser ses exigences. Il faut qu'elle renonce à sa permissivité envers les étrangers!

jeudi, février 16, 2006

Fremdsprache Deutsch

Je reproduis ici un très bon article de Mathieu von Rohr consacré à la relation des Suisses alémaniques au bon allemand et à leur dialecte. Le texte est paru le 11 février dans le "Magazin" du "Tages-Anzeiger". Il se demande comment ils pourront encore vivre longtemps avec une langue qu'ils déteste. Seul un psychiatre pourrait les aider, dit-il!

Fremsprache Deutsch
Die Deutschschweizer entfremden sich vom Hochdeutschen und verkriechen sich im Dialekt. Helfen kann nur der Psychiater.

"Wenn man Deutschschweizer Kinder beobachtet, wie sie durchs Wohnzimmer rennen und das geschliffene Hochdeutsch der Fernsehserien nachahmen, kann man sich nur schwer vorstellen, dass sie einst ein hochproblematisches Verhältnis zu dieser Sprache entwickeln werden. Aber der Weg ist ihnen vorgezeichnet, es gibt kein Entrinnen: Eines Tages werden sie zur Schule gehen müssen, und dort werden Lehrer auf sie warten, die selber Mühe haben mit dem Hochdeutschen, und die in die Mundart wechseln, wann immer möglich.

Hier, in der Schule, lernen die Kinder, dass Hochdeutsch etwas Schwieriges und Fremdes ist. Sie lernen, dass Hochdeutsch den Deutschen gehört, dass die Schweizer es von den Deutschen nur zum Schreiben ausleihen und es sowieso nie so gut beherrschen werden wie die. Sie lernen, dass es unschweizerisch ist, so Deutsch zu sprechen wie die Leute im Fernsehen. Es dauert nicht lange, bis die kleinen Schweizer jede Freude an der deutschen Sprache verloren und diese ungesunde Mischung aus Verachtung und Bewunderung erlernt haben, die man als Schweizer einem geschliffen sprechenden Deutschen gegenüber zu empfinden hat.

Was für eine Ironie, dass wir Deutschschweizer, die wir uns gerne mit unserem mehrsprachigen Staat brüsten, einen so tief sitzenden Knacks haben, ausgerechnet, was unsere eigene Sprache angeht. (...)

Wir können immer schlechter Hochdeutsch, und schlimmer noch, es scheint uns nicht zu kümmern. Viele Schweizer sind seltsam stolz auf ihr sprachliches Unvermögen, ist es doch der Beweis dafür, dass wir sind, wer wir sind, vor allem aber, dass wir anders sind als die. Es scheint zwar seltsam, sich über etwas zu definieren, das man nicht kann, aber etwas Besseres bleibt uns offenbar nicht: Das unbeholfene Deutsch macht uns Schweizer erst zu Schweizern. (...)

Erfolgreiche Isolation

Der Dialekt, stellten die Autoren der Studie fest, verdränge das Hochdeutsche nicht nur in den Medien, sondern auf allen Ebenen. Die Schüler beherrschten die Schriftsprache immer weniger, auch die jungen Lehrer bekundeten erschreckende Mühe. Die Deutschschweizer seien dabei, die Verbindung zum hochdeutschen Sprachraum zu kappen - mit Konsequenzen auf wirtschaftlicher und kultureller Ebene. Die mangelnden Grammatikkenntnisse in Deutsch erschwere für die Schüler auch das Lernen von Fremdsprachen. Der Deutschschweiz drohe die Provinzialisierung. (...)

Beweise für den Siegeszug des Dialekts zu finden, ist nicht schwer. (...) Die NZZ berichtet von der Absicht des Bundesamts für Landestopografie, Flurnamen auf Landkarten extremmundartlich zu schreiben: Chäästaal, Frooi Uussicht, Grüobini, Totuflieji.

Das Problem ist aber nicht der Dialekt an sich. (...) Die Schweizer sind mit ihrem Dialekt auch nicht der Sonderfall, der sie so gerne wären. Hunderttausende von Kindern wachsen in Deutschland mit Dialekten auf, sprechen zu Hause erst Badisch, Hessisch, Kölsch oder Platt und müssen Hochdeutsch genauso in der Schule lernen wie die Schweizer. Aber während in Deutschland der Dialekt ein schlechtes Image hat und als Sprache der Ungebildeten gilt, ist es in der Schweiz genau umgekehrt: Der Dialekt wird verherrlicht, Hochdeutsch abgelehnt. Hier liegt das Problem.

Schweizer, die sich in zwei oder drei Fremdsprachen ungeniert ausdrücken können, sind plötzlich befangen, wenn sie Deutsch sprechen sollen. Als Konsequenz wählen sie eine Vermeidungsstrategie: Es gibt glaubhafte Berichte über Schweizer Geschäftsleute, die sich mit Deutschen lieber auf Englisch unterhalten. (...) Eine verquere Logik: Wer in Hochdeutsch ungeübt ist, dem fällt es selbstverständlich schwer, sich darin präzise auszudrücken. Weil wir also kein Hochdeutsch können, ist es eine Fremdsprache[100], und weil es eine Fremdsprache[100] ist, müssen wir es auch nicht besser beherrschen.

Volk der Sprachneurotiker

Bei der Pisa-Studie von 2001 haben die Schweizer Schüler in der Kategorie «Lesen» so schlecht abgeschnitten (Rang 18 von 30 Nationen), dass sogar die staatlichen Pädagogen aufgeschreckt sind. Die Zahl der Deutschstunden an Schweizer Gymnasien hat sich in den letzten Jahrzehnten drastisch reduziert. In Primarschulen und im Kindergarten sollen die Kinder jetzt den unverkrampften Umgang mit Hochdeutsch lernen. (...) Unser Verhältnis zum Hochdeutschen ist weniger ein fall für die Pädagogen als einer für den Psychiater.

Gegen die Vorbehalte, die inneren Blockaden, die deutschfeindlichen Reflexe, die zu dieser Deutschschweizer Sprachneurose geführt haben, kommt frühes Hochdeutsch in Schule und Kindergarten nicht an. Und doch ist es natürlich ein richtiger Schritt - vorausgesetzt, der Gebrauch des Hochdeutschen wird mit aller Konsequenz durchgesetzt. Trotz unwilligen Schülern, Lehrern und Eltern. Ist dieser Kraftakt geschafft, können vielleicht wenigstens unsere Kinder lernen, Hochdeutsch, die Sprache Frischs und Dürrenmatts, als das Eigene zu akzeptieren und nicht länger als das Fremde zu verteufeln. Vielleicht gar: Hochdeutsch zu lieben. Die Schweiz würde daran nicht zu Grunde gehen. Schon eher aus dem gegenteiligen Grund. Man kann nicht auf Dauer mit einer Sprache leben, die man verachtet."

mercredi, février 15, 2006

Des hommes - si fort(ement dépendants)

Il nous faut lire nous les hommes l'excellente interview du directeur de l'ISPA paru aujourd'hui dans "Le Temps".

A l'occasion de la publication d'une étude sur les hommes et les dépendances (voir sfa-ispa.ch ), Michel Graf y explique que "les hommes théâtralisent leurs comportement" sociaux, car "ils expriment difficilement leurs émotions. Ils boivent en public pour montrer qu'ils existent, alors que les femmes se cachent pour oublier qu'elles existent." Et il continue: "Les hommes cherchent à montrer leur force, ce qui les mène à prendre des risques. Ces comportements leur permet d'exister socialement." La société admet ces pratiques chez les hommes, mais pas chez les femmes. Si bien que la consommation d'un produit addictif est une réponse aux problèmes de communication des hommes,
ajoute M. Graf.

Que faire pour oser rencontrer l'autre sans prendre de produits? "Il faut les remplacer par des compétences relationnelles", affirme le spécialiste. Et les compétences relationnelles, ça s'aquière comment? En s'exerçant, pardi!

lundi, février 13, 2006

La haine des musulmans ne cesse de croître en Europe

Que penser du fait qu'un pays comme le Danemark, qui ne compte que 4% d'étrangers puisse déclencher un conflit religieux aux dimensions planétaires? Comment un tel pays démocratique, baigné dans la tradition des droits de l'homme, a-t-il pu faire d'une minorité aussi petite un problème si grand? Par facilité, sans doute, pour ne pas avoir à se remettre profondément en question, pour ne pas avoir à se confronter aux vrais questions d'identités posées par la mondialisation de nos cultures.

La haine des musulmans, qui grandit en Europe, est un pis-allé. Une échapatoire. Une nouvelle fois nous instrumentalisons l'alterité de personnes venues d'ailleurs pour nous conforté dans une identité tournée vers le passé, une identité de moins en moins praticable.

Quand brûlerons-nous les premières mosquées, le premier Coran? Certes, les islamistes ne rendent pas la tâche de l'Europe facile et font de l'islam une proie facile. Mais l'Europe n'est-elle pas capable de réagir par d'autres moyens que la haine à ces agressions? L'histoire n'a-t-elle pas suffisamment montré où mènent les conflits de race et de religion?

Jusqu'où ira la haine des musulmans en Europe? Quand deviendra-t-elle majoritaire? Contrairement aux juifs, les musulmans ont peu de défenseurs ici. J'ai lu dans un commentaire de Navid Kermani publié par le "Tages-Anzeiger" le 9 février dernier qu'un candidat potentiel à la mairie de Berlin, Friedbert Pflüger, ne se gêne pas de dire qu'il aime l'auteure italienne Oriana Fallacis. Celle-ci traite les musulmans de "rats".

Il faut espérer que la montée des droites nationalistes en Europe ne conduira pas à de nouveaux crimes contre l'humanité. Espérons, au contraire, que les Etats investiront de plus en plus dans l'intégration des communautés étrangères. Elles représentent une partie de notre avenir. Comment les Etats-Unis ont-ils faits pour intégrer leurs étrangers (noirs exceptés)? Il faut ouvrir le marché du travail à tous les étrangers et exiger d'eux qu'ils apprennent nos langues, afin d'éviter la formation de getthos et des taux élevés de chômage parmi les étrangers.

Le français ou la mort

Voici de quoi réfléchir au dialogue confédéral et à la nécessité de comprendre les langues des autres:

Nyon (ats) Le procès des deux policiers impliqués dans l'affaire
du pont de l'Aubonne s'est ouvert lundi à Nyon (VD). L'audience a
mis en évidence les problèmes de compréhension entre le sergent
vaudois et son subordonné schaffhousois.°

"Je ne parle pas du tout l'allemand et mon collègue pas du tout
le français, alors on ne se parlait pas. Je lui faisais des gestes
à droite ou à gauche" raconte le Vaudois. "Je dois dire que nous
n'étions pas contents lorsque nous avons su que nous aurions des
collègues schaffhousois pour nous renforcer au G8".

Ce dimanche 1er juin 2003, le sergent-major vaudois, 51 ans,
fait équipe avec un policier schaffhousois de 23 ans, qui lui sert
de chauffeur. Les deux agents ne sont pas chargés du maintien de
l'ordre, mais de la conduite et de l'escorte des personnalités qui
se rendent au sommet d'Evian (F).

Terrible méprise

Après plusieurs interventions à Lausanne, ils sont appelés sur
l'autoroute A1, près du pont de l'Aubonne, où un groupe
d'altermondialistes a tendu une corde en travers de la route. Deux
militants, Martin Shaw et Gesine Wenzel, sont supendus dans le vide
de part et d'autre de la corde.

Le sergent-major vaudois le sait. Pas son collègue qui sort son
couteau et prend l'initiative de couper la corde: "j'ai cru que les
policiers vaudois n'avaient pas de couteau. A Schaffhouse, il ne
fait pas partie de l'équipement standard de la police", a expliqué
le Schaffhousois.

Le policier ne comprend pas tout de suite quel drame vient de se
jouer: "des gens on crié et se sont penchés vers le bas du pont.
J'ai regardé et me suis rendu compte qu'il y avait une victime en
bas", explique-t-il.

Martin Shaw a fait une chute de 20 mètres. Il est grièvement
blessé au dos et au pied. Par chance, des militants ont réussi à
retenir le bout de corde où était suspendue sa compagne.

Jusqu'à mercredi

Le procès, prévu jusqu'à mercredi, se poursuit lundi après-midi
avec l'audition des premiers témoins. Les deux policiers doivent
répondre de lésions corporelles par négligence.

Le tribunal devra déterminer si le policier schaffhousois
n'aurait pas dû se rendre compte qu'il y avait des personnes
suspendues au bout de la corde. On reproche à son collègue de ne
pas l'avoir avisé de la situation.

jeudi, février 09, 2006

Suis-je encore "un Romand"?

Qui sommes-nous? Suis-je encore "un Romand" après avoir vécu deux ans en Allemagne et six ans à Zurich. En Suisse, les Confédérés se définissent d'habitude par leur lieu d'origine et leur langue maternelle. A tel point qu'en Suisse alémanique on a aucun problème à décrire le français et le bon allemand comme des langues "étrangères". En Suisse romande, parler de l'allemand comme langue "étrangère" ne choque pas non plus.

Parlait-on déjà ainsi des langues nationales lorsqu'on a décidé il y a quelques années d'introduire l'allemand précoce dans les écoles primaires romandes et le français précoce dans celles d'Outre-Sarine? Il faudrait voir.

Être Suisse, c'est en tout cas la possibilité d'être plusieurs. Mais de plus en plus, au lieu de développer pour soi les différentes langues et identités suisses possibles, on voit dans l'anglais une sorte de solution à tous les problèmes. L'anglais est certes indispensable. Mais pourquoi pas en plus cultiver les autres langues nationales? Le français peut nous ouvrir de nombreuses portes en France, au Canada et en Afrique, l'italien en Italie. Et l'apprentissage de ces langues facilite celui d'autres idiomes. Voulons-nous vraiment nous passer de ces possibilités?

Le multilinguisme helvétique est un potentiel sous-exploité. Dorénavant, je serai "Suisse". Voir: Parlez-vous suisse?

mercredi, février 08, 2006

Zurich: une ville francophone. Rêvons un peu...

Dans sa dernière édition, "Bilan" indique que Zurich est la 3e plus grande ville francophone du pays. Le magazine confond vraisemblablement ville et agglomération. Mais peu importe. La forte présence francophone à Zurich est encore trop méconnue (ignorée?). Il est important de la rappeler régulièrement, même si l'information dérange, car elle remet en question notre perception habituelle de la Suisse.

Quelles conséquences cette information pourrait-elle avoir, si on la prenait au sérieux? Peut-être que les médias romands - surtout ceux qui s'adressent aux cadres - redéfiniraient un peu leurs priorités. Ceux qui ont supprimé des postes de correspondants à Zurich ces derniers temps (L'Hebdo, la RSR et la TSR) pourraient revenir sur leurs décisions. Et pourquoi ne pas parler aux francophones de Zurich de thèmes zurichois et alémaniques en français? Le "Tages-Anzeiger" et la "NZZ" pourraient lancer une édition (ou au moins une page) en français et cesser de parler de la Suisse romande comme d'une réserve d'indiens.

Et au niveau politique? Quelle est l'influence des Romands sur les décisions de Zurich et l'évolution de la société? Le fossé culturel entre la Suisse romande et la Suisse alémanique est en tout cas de moins en moins perceptible dans les villes du pays.

Sites pour les arrivants francophones à Zurich: www.laliste.ch, www.zurichaccueil.ch

vendredi, février 03, 2006

Merci Hans-Peter Uster, Merci!

Il y a longtemps que je voulais rendre hommage à cet "indien" de la politique zougoise. Ce "post" fera office de première éloge. Hans-Peter Uster, élu Alternatif dans un Etat dominé par les bourgeois, vieux renard de la politique zougoise et fédéral, s'est lancé le premier: il a osé interdire aux voitures de rouler à plus de 80 km/h sur les autoroute qui traversent son cantons. Ce alors que cantons et Confédération se renvoyaient la balle depuis plusieurs semaines, personne n'osant donné le premier coup de frein. La directrice zurichoise des travaux publics, Dorothée Fierz, a souhaité plusieurs fois des mesures, mais son appartenance au Parti radical, l'a vraisemblablement empêché jusqu'ici de passer à l'acte.