lundi, mars 20, 2006

A bientôt, au Japon!


Japan Lafforgue 18
Originally uploaded by Eric Lafforgue.

Autre-Suisse ne sera plus alimenté en notes sur la Suisse ces prochains temps. Je passerai les deux prochaines semaines au Japon, une autre île. Peut-être aurai-je l'occasion d'écrire quelques mots depuis là-bas!

Elles doutent et le disent. Quelle fraîcheur!

Connaissez-vous la "Gazette et tic et toc", une parution rédigée par cinq femmes (dont des mamans!), sur papier et en français, et qui a fait du doute son seul maître. Quelle fraîcheur! Malheureusement, les articles ne semblent pas disponibles sur leur site Internet (La Gazettetic). Est-ce là l'expression d'un doute à l'égard du tout-numérique? Il me faudra commander la "Gazette et tic et toc" pour le savoir. D'ailleurs, la Poste existe-t-elle encore?

vendredi, mars 17, 2006

Vers un ghetto francophone à Zurich?

La Zurich francophone intéresse beaucoup les médias ces derniers temps. Sur son site Internet l'hebdomadaire "Migros Magazine" fait une liste des activités en français sur les bords de la Limmat (Migros Magazine) Va-t-on vers la formation d'un ghetto francophone à Zurich? Est-ce nécessaire, souhaitable? (voir aussi sur ce blog: Zurich: une ville francophone. Rêvons un peu...)

mardi, mars 14, 2006

Was kann ein Schweizer Blog über die Schweiz?

Was kann ein Schweizer Blog über die Schweiz?

- Primeurs bringen (sehr schwierig)
- Analysen, Kommentare (wen interessierts?)
- eigene Recherchen (vielleicht, aber aufwendig)
- originelle Textarten (vielleicht, aber aufwendig)
- tagebuchartige Beobachtungen (interessierts jemanden anderen als mich?)

lundi, mars 13, 2006

On voyage comme on regarde la télé

"Les gens voyagent aujourd'hui comme ils regardent la télévision: sans investissement personnel particulier et sans grandes réflexions sur ce qu'ils choisissent de regarder. Le voyage se situe au niveau d'un passe-temps et d'un divertissement facile."

Extrait d'une étude commandée par Kuoni sur l'avenir du voyage, lu dans "Le Temps" d'aujourd'hui.

dimanche, mars 12, 2006

Vive les scénaristes-publicitaires!

Le "product placement", vous connaissez? Les nouvelles technologies changent les habitudes de consommation télévisuelle. On choisira bientôt ses émissions sur Internet. On enregistrera des émissions sur des magnétoscopes numériques. Les publicitaires et les chaînes devront donc s'adapter. Une des pistes: placer des produits bien en vue dans les émissions, les séries et les films. A quand des émissions de divertissement, de la fiction dont les acteurs principaux seraient des objets à vendre? Un nouveau créneau pour les scénaristes? Ca me rappelle un certain journalisme, tiens!?

samedi, mars 11, 2006

Lorsque M. Pelli cherche à faire refaire de la politique à son parti

"Le Temps" a fait un excellent travail d'observation du débat sur la taxe CO2 au sein du Parti radical suisse. Le conflit est simple. On pourrait en faire une pièce de théâtre. Voici un président de parti, Fluvio Pelli, "qui veut s'affranchir des milieux économiques". Le Tessinois veut éviter que sa formation soit perçue comme un simple relais de groupes de pression économique, qui souhaitent introduire "un centime immobilier" pour enterrer la taxe C02.

Fluvio Pelli encourage les idées "maison" et il a raison. Le centime immobilier est un scandale. Et il y aurait vraiment à craindre pour la santé de la politique suisse si les lobbistes de l'économie arrivaient à faire passer un tel projet. En gros, il désirent percevoir eux-mêmes une taxe sur les combustibles fossibles qu'ils reverseraient aux propriétaires immobiliers, pour que ceux-ci puissent améliorer le bilan énergétique des bâtiments! Bref, les consommateurs, ici les locataires, donneront de l'argent à leurs proprétaires mettent en route des rénovations qu'ils devraient de toutes façons faire et au sujet desquelles les locataires n'auraient rien (pas grand chose?) à dire. Au théâtre, on se régalerait... Mais dans la réalité!

Tous les spécialistes s'accordent à dire que les centimes climatiques I et II ne suffiront pas pour atteindre les objectifs de réduction de CO2 que la Suisse a fixé dans l'accord de Kyoto. Qui paiera les amendes que la Suisse devra payer si elle ne les atteint pas? Les milieux économiques? Non, l'Etat. Cet Etat, qui selon les milieux économiques, doit économiser! Das geht nicht auf! Il n'y a qu'une solution en matière énergétique. Réduire notre consommation. La taxe C02 y contribuera par la voie du porte-monnaie. Mais cela ne suffira pas non plus. Il faudra prendre d'autres mesures.

L'écriture comme instrument de fouilles

Connaissez-vous le dramaturge Michel Vinaver. Voici un extrait d'une interview parue le 3 mars dans "Le Temps":

Le Temps: Après deux romans publiés chez Gallimard en 1950, vous vous consacrez au théâtre. Pourquoi?

Michel Vinaver:Une fois que je suis entré dans le théâtre, c'était sans retour. Dans les pièces, ce n'est jamais moi qui parle, mais les autres. C'est pour cela que le théâtre m'accapare. J'aspire à explorer le réel. L'écriture est un instrument de fouilles.

- Auteur-enquêteur, donc?

- Non. Je n'enquête pas. J'essaie d'écouter la parole qui circule, et, cette parole brute, je la reconstitue, de telle sorte qu'elle prend une configuration abstraite et musicale. Mon travail, c'est la transmutation du plus prosaïque au plus abstrait, sans sacrifier le concret.

Et encore quelques magnifiques mots de Benno Besson sur son théâtre (également parus dernièrement dans "Le Temps"):

- Je n'ai jamais eu la volonté de bâtir un style. Et je serais bien incapable de dire si j'en possède un. Cette vision des choses ne m'intéresse pas. Moi je joue. J'organise un jeu. Voilà ce que je fais depuis que je suis petit. Mes organisations actuelles sont évidemment plus réfléchies que celles de mon enfance. Mais elles ne sont pas forcément meilleures.

Ce n'est pas une analyse très courante dans les milieux du théâtre?

- Je le sais, je ne suis pas dans le vent. A l'heure actuelle, l'adulte passe pour le bijou de la société. On nous prépare à devenir adulte, on nous condamne à la décadence lorsqu'on ne l'est plus. Nous considérons l'histoire de la même manière. Une lente progression de l'Antiquité jusqu'à Racine, puis la dégringolade à partir du XIXe siècle. C'est une vision purement linéaire, ridicule, où l'on touche les aberrations d'une société qui rationalise tout.

Votre théâtre n'est jamais noir. Il ressemble aux pièces de Coline Serreau, votre compagne. On y trouve toujours une forme d'optimisme.

- Mais parce que nous ne sommes pas suicidaires! Ni Coline, ni moi-même. Pour autant que je sois militant, c'est pour dire: il est possible de vivre, il est intéressant de vivre, il fait bon vivre. Que voulez-vous dire de plus au public? A-t-il quelque chose de plus important à faire que d'apprendre à vivre et à mourir? On n'a rien d'autre. Bien sûr, c'est très complexe, puisque l'individu ne vit pas en solitaire. Depuis la Renaissance, il pense qu'il est l'unique propriétaire de lui-même. Il y a donc beaucoup de contradictions à gérer entre l'existence individuelle et sociale, entre les émotions personnelles et les forces collectives. Cette tension est extrêmement virulente à l'heure actuelle. Voilà les choses avec lesquelles le théâtre peut jouer.

Mais vous ne cherchez pas à juger, il n'y a pas de verdict sur les personnages, dans vos spectacles.

- Dire le bien ou le mal, ce n'est pas mon rôle. Il ne s'agit pas seulement de condamner le bourreau en disant: c'est un salaud. Pourquoi est-il bourreau, pourquoi l'est-il devenu, pourquoi la société a-t-elle besoin d'un bourreau? Là, avec ces questions, tout devient intéressant. Personne n'a besoin d'une conscience splendide pour venir affirmer sur scène que les salauds méritent la mort.

De quoi partez-vous pour construire vos spectacles?

- Je n'ai pas de vision préalable. Tout commence avec une intuition. Une envie, plutôt. L'envie d'un vide à combler. Et de questions auxquelles apporter une réponse. Ces questions ne sont pas forcément précises. Je ressens plutôt une interrogation vague. Chez moi, le théâtre est aux antipodes de la science. Je ne crache pas sur les démarches théoriques, il m'arrive d'y avoir recours, mais je ne procède jamais, au départ, par catégories: psychologiques, politiques, psychanalytiques ou autres. La mise en scène n'a rien à voir avec des catégories, absolument pas. Le théâtre, c'est quelque chose de très concret, qui naît des répétitions. Il s'agit d'une suite de surprises. Tout ce que l'on a pu imaginer ou construire auparavant est balayé par la réalité du travail.

De l'emploi du voile islamique en Europe

La Suisse réfléchit aux moyens de mieux intégrer ses musulmans. Voici des extraits d'une interview très intéressante de l'ex-attachée aux étrangers de la ville de Berlin, Barbara John. Elle y explique des choses pour moi assez inédites sur l'utilisation du voile islamique par les femmes musulmannes allemandes. L'interview est parue le 4 mars dans le "Tages-Anzeiger":

"Viele Deutsche fürchten sich vor «Gegen-gesellschaften» im Land. Ist die Integrationspolitik gescheitert?

Gescheitert ist nur die Illusion, dass Menschen, die kulturell um zweihundert Jahre zurück sind - davon müssen wir bei vielen Zuwanderern aus der Osttürkei ausgehen -, diesen Rückstand innerhalb einer Generation aufholen könnten. Die andere, wirklich harte Nuss ist, dass in ganz Europa eine neue soziale Unterschicht entsteht, die sich beschreiben lässt als: zugewandert, arm, ungebildet und arbeitslos.

Und dieses neue Proletariat wächst: Jeder vierte türkischstämmige Jugendliche verlässt die Schule ohne Abschluss. Was kann man dagegen tun?

In Berlin, Nürnberg, München und Köln haben wir Stadtteile, in denen fremdsprachige Kinder kaum noch im Alltag die Sprache lernen, weil keine deutschen Kinder mehr da sind. Wir müssen das deshalb in Institutionen verlagern, in den Kindergarten. Wir müssen uns anstrengen, damit diese Kinder in der Schule von Anfang an mitreden können, weil sie sonst die Schule als Ort jahrelangen Missvergnügens erleben. Zweitens dürfen wir nicht Jugendliche einfach laufen lassen, wenn sie die Schule abbrechen, und ihnen noch Sozialhilfe hinterherwerfen. Es muss uns interessieren, was aus diesen Menschen wird. Die Frauen haben meist bessere Schulabschlüsse, aber für die jungen Männer brauchen wir Programme, die dafür sorgen, dass sie für jede Leistung, die sie vom Staat bekommen, eine Gegenleistung bringen. Wenn wir das nicht konsequent machen, werden wir scheitern.

Wenn die Mädchen die Ausbildung schaffen, während die Jungs scheitern, dann heisst das doch, dass das Problem in der Mentalität derer liegt, die das Angebot nicht annehmen.

Es ist komplizierter. Die hohen Abbrecherquoten haben wir vor allem bei türkischen und arabischen Jugendlichen, wogegen ihre Kollegen mit spanischem, russischem oder polnischem Hintergrund zum Teil besser sind als die Deutschen. Tendenziell erleben diese junge Türken und Araber heute noch, dass sie auch ohne schulische Leistung und ohne Einkommen - weil der Staat ja einspringt - in der Familie hohes Ansehen geniessen. Zugleich lässt sich bei den Frauen ein Umschwung beobachten. Sie akzeptieren immer weniger, wenn sich die Männer aus der Verantwortung stehlen. Es kommt zu Veränderungen in den Familienstrukturen und zu Autoritäts- und Ansehensverlusten der Männer, die sich zum Teil explosionsartig gegen die Frauen richten.

Wie passt dazu, dass immer mehr Frauen Kopftuch tragen? Das ist doch eine Absage an die Integration, ein Zeichen für Abschottung und Radikalisierung.

Das kann man so deuten. Aber wer das so sieht, traut der nicht der unterstellten Gegenkultur mehr Einfluss zu als unserer offenen Gesellschaft? Ich kenne viele hoch gebildete Frauen, die Kopftuch tragen. Die träumen von einem selbstbestimmten Leben, sie wollen Geld verdienen und unabhängig sein. Natürlich vermittelt ihr Kopftuch die Botschaft: «Ich habe einen anderen Lebensstil.» Nämlich anders als das, was diese Frauen von der deutschen Gesellschaft wahrnehmen, und das sind halt oft die Zerrbilder aus Fernsehen und Zeitschriften. Worum es wirklich geht, zeigte sich, als im Irak ein französischer Journalist entführt wurde und die Geiselnehmer verlangten, dass in Frankreich das Kopftuchverbot aufgehoben werde. Wer ging da auf die Strasse? Die Kopftuchträgerinnen, die gesagt haben: Von diesem Taliban-Denken wollen wir uns nicht bestimmen lassen.

Die Deutschen nehmen das Kopftuch aber ganz anders wahr.

Ja, die Angsthasen und Kleingläubigen. Wir müssen nochmals schärfer nachdenken. Denn wenn wir diese Frauen ablehnen, dann drängen wir sie in die Arme der Konservativen und Islamisten. Manchmal habe ich den Eindruck, die Leute stellen sich Integration so vor: Die Ausländerin kommt hier an, am nächsten Tag ist sie im Tennisverein, in sechs Wochen spricht sie Deutsch, und mit zwanzig Jahren ist die Tochter aus einer strenggläubigen Familien ein Hiphop-Typ. So läuft das Leben nicht. Wir müssen endlich einsehen: Das Beste, was wir anzubieten haben, das ist gar nicht der Arbeitsplatz, sondern die freiheitliche Gesellschaft, die gerade nicht einen Lebensstil erzwingt, die niemandem vorschreibt, was zu denken und welche Predigt wann zu hören ist. Wir haben ein sehr attraktives System. Denn wir alle sind zur Freiheit geboren - nicht zum Sklaventum.

Diese Offenheit kann aber auch missbraucht werden, etwa von Hasspredigern.

Da gibt es wirklich Versäumnisse. Wir haben im Ausländerrecht seit Jahrzehnten die Ausnahmebestimmung, dass Geistliche aller Religionsgemeinschaften eine vorübergehende Aufenthaltserlaubnis bekommen. Das führt dazu, dass Imame importiert werden, die wirklich arme Schlucker sind - materiell und von der Ausbildung her. Die haben keine Erfahrung damit, wie es ist, als Muslim in der Diaspora zu leben, die kennen sich hier selbst nicht aus. Da hätten wir schon längst reagieren müssen. Indem wir entweder verlangen, dass sie Deutsch- und Landeskundekurse besuchen oder dass wir die Ausbildung in Deutschland organisieren.

vendredi, mars 10, 2006

La dernière découverte de M. Rothenbühler

Dans un article publié aujourd'hui par le "Temps", qui relate la surprise des éditeurs du "Matin Bleu" devant le succès de leur canard auprès des pré-adolescents et des adolescents (phénomène déjà bien connu en Suisse alémanique), le réadacteur en chef du "Matin", Peter Rothenbühler dit: "Nous pensons qu'ils se tourneraient à terme vers la presse payante après avoir pris l'habitude de lire un quotidien. Là aussi nous nous sommes trompés. Les spécialistes s'accordent désormais à dire que ces jeunes gens resteront fidèles à la presse gratuite, et que c'est celle-ci qui va évoluer. Il faut se faire à cette évidence: les grands journaux de demain seront gratuits. Ce seront des marques déclinées en petit format, sur le Web, mais aussi avec des magazines et des journaux spécialisés, y compris intellos. Les autres quotidiens, les payants, n'auront pas d'autres choix que de proposer plus. Plus d'images, d'analyses ou d'émotion, qu'importe: ils devront proposer beaucoup plus."

Cette semaine Ringier a annoncé le lancement de "Cash daily", un nouveau concept de médias, qui n'a étonnamment quasiment pas été commenté par la presse. Peut-être parce qu'il est bien trop en avant sur son temps? "Cash daily" sera consacré à l'économie et constitué d'un gratuit pour pendulaires et d'une plateforme Internet qui proposera - si l'on a bien compris des podcasts et des vidcasts. L'offre de "Cash Daily" complétera l'actuel hebdomadaire "Cash".

"Accuser, n'est pas condamner!"

"Accuser n'est pas condamner", on ferait bien de penser plus à cet adage, merveilleusement mis en scène par l'excellent "Good night and good luck" de George Clooney, notamment lorsqu'on réfléchit à l'actuel climat politique suisse. Voir le très bon article de Gerard Delaloye de largeur.com sur ce film: Largeur.com

mercredi, mars 08, 2006

"Les Matins" puiseront leurs idées dans des blogs

Le très attentif blog consacré aux médias helvétiques medienspiegel.ch regarde d'un oeil critique le lancement par "Le Matin" du service d'hébergement et de création de blogs "BlueBlog". Il relève les conditions générales suivantes, auxquelles le blogueur en herbe doit adérer:

«Le Matin est susceptible de mettre en place tout type de publicité sur les weblogs des utilisateurs sans avoir l'obligation de les en aviser.»

Bon ce n'est pas les seuls à le faire! Mais:

«Tout ou partie des contenus des blogs peuvent être cités ou repris dans les différentes rubriques du Service BleuBlog et peuvent être diffusés de façon publique, notamment par une éventuelle publication dans les titres d'Edipresse Publications SA, groupe Le Matin.»

Excellent! Mais les blogueurs en seront-ils informés au préalable?

A noter un projet plus noble, un des premiers blogs de "citizen journalists" est nés à Bâle. Tout un chacun y est appelé à publier des informations locales intéressantes sur l'agglomération bâloise. Voir: Citizenbasel

samedi, mars 04, 2006

Le PS et l'Europe: entre courage et stratégie

Voilà! Le Parti socialiste suisse (PS) dispose depuis aujourd'hui une plate-forme européenne. Qu'en penser? J'hésite entre l'acte courageux et citoyen et la statégie politique bon marché. Il y a certainement des deux dans ce papier. Le PS a le courage de continuer à parler d'adhésion à l'Europe - et même d'aller plus loin que tout le monde, en analysant dans le détail ses conséquences pour la Suisse - à une époque, où quasiment plus personne n'y croit et où une nette majorité des partis et du peuple se satisfont grandement des accords bilatéraux. Et surtout à une époque où l'Europe est en crise, suite à divers échecs.

Bravo aux socialistes de voir au-delà! La Suisse n'échappera vraisemblablement pas à terme à l'adhésion. Merci aux socialistes de montrer qu'adhésion n'égale pas adhésion. Qu'il y a différentes façons de faire partie de l'Union européenne et différentes solutions pour atténuer ou compenser les effets négatifs de l'adhésion. Il faut que la Suisse commence à réfléchir à la façon à laquelle elle veut adhérer.

Mais il faut tout de même dire qu'en adoptant sa plate-forme le PS ne prend aucun risque. Rien ne presse en effet en matière européenne. Nous n'aurons en effet pas à voter sur le sujet d'ici à un bout de temps. Il n'y a pas à trancher. Le papier est donc truffé de formules ouvertes. Sur l'euro par exemple: "la Suisse ne devrait provisoirement pas être obligée de l'adopter". Et le PS, peut poser allégrement ses conditions: le service public ne doit pas être libéralisé, le marché de l'électricté et celui de la poste seulement jusqu'à un certain seuil. Il faut que l'Europe remanie "profondément" la directive Bolkestein! Mais que dira le PS si l'Europe refuse ces conditions? Non, à l'adhésion?

C'est facile d'adopter des papiers de positions lorsque rien ne doit être décidé! A croire que l'objectif premier de la plate-forme européenne du PS semble être ailleurs. Le PS prépare ainsi l'année électorale 2007. La plate-forme délivre deux messages à deux électorats différents. Aux employés et aux syndicalistes que les PS veut conserver dans son électorat, le parti signifie qu'on peut être pro-européen et social. Aux électeurs radicaux déçus par un PRD qui ne veut plus entendre parler d'adhésion, il dit "élisez-nous, nous sommes le seul grand parti encore favorable à l'Europe".

jeudi, mars 02, 2006

Deux reportages éclairants sur le terrorisme

Arte a diffusé mardi soir deux documentaires de très grande qualité sur le terrorisme islamique (arte.tv.com) Leur auteur Dirk Laabs a formidablement bien réussi à lier des images de vidéos d'amateurs et des interviews de spécialistes. Il en ressort notamment que l'Europe constitue un terreau plus propice au développement de vocations terroristes que les Etats-Unis.

Les pays européens ont du mal à intégrer les musulmans. Certains d'entre eux se sentent agressés par le mode de vie européen et ont du mal à y trouver un sens à leur vie. Ils se replient alors sur la religion. Ils fréquentent des mosquées ou des groupes, dans lesquels enseignent des prêcheurs radicaux, qui ont été chassés de leurs pays souvent à cause de leurs positions extrêmes. Le coktail est explosif. Plus ces petits groupes se radicalisent, plus ils se coupent de leur entourage et plus ils sentent le besoin de recourir à la violence.

En ne traitant pas les terroristes comme des délinquants de droit commun, mais comme des prisonniers de guerre (Guantanamo,...) et en déclarant "la guerre au terrorisme" (Irak,...), les Etats-Unis l'ont par contre encouragé. Les islamistes considèrent effectivement être en guerre contre l'occident. Ils se sentent donc pris au sérieux.