mardi, octobre 09, 2007

L'UDC ou l'impossibilité du pouvoir

Il y a dans le système UDC une impossibilité fondamentale. Ce parti déteste l'Etat, mais veut toujours plus de pouvoir politique. Cela le conduit à refuser systématiquement d'assumer le pouvoir qu'elle a conquis. Ses élus refusent opiniâtrement d'incarner l'Etat qu'ils dirigent. Tirons les conséquences de cette contradiction! Sortons l'UDC du gouvernement!

mercredi, octobre 03, 2007

Comparaison n'est pas raison, Monsieur le ministre de la justice

Le ministre de la justice apprécie la comparaison entre l'économie privée et l'administration fédérale. Ce langage plaît aux décideurs économiques. Pourtant la comparaison est souvent falacieuse, comme l'a une nouvelle fois montré son utilisation dans le cadre de l'affaire Blocher-Roschacher aujourd'hui au Parlement. Pour défendre sa position, le ministre de la justice a affirmé que dans l'économie privée M. Roschacher aurait été licencié bien avant qu'il finisse par décider de partir. On l'imagine sans peine.

Mais les rapports entre le ministre de la justice et le procureur de la Confédération ne sont pas comparables avec ceux entre un chef d'entreprise et ses subordonnés. Contrairement à ce dernier, le ministre de la justice n'avait pas les pleins pouvoirs sur le procureur, il ne disposait selon la loi que d'une surveillance administrative sur ce dernier. Le ministre de la justice n'avait donc pas le droit d'interdire au procureur d'informer le public sur ses enquêtes et il n'avait pas le droit de l'obliger à l'informer sur l'affaire Ramos.

Les propos tenus par le ministre de la justice devant le Parlement aujourd'hui ont confirmé ce qu'il cherche à atteindre: contrôler et orienter le travail du ministère public de la Confédération. Parmi les tâches principales de ce dernier, on relèvera que le ministre a mis l'accent sur le terrorisme et qu'il n'a pas parler du blanchiment d'argent.

Il a d'ailleurs critiqué le fait que le procureur avait fait bloquer les fonds Youkos en Suisse pour rien, les juges appelés à se prononcer les ayant ensuite libérés. Rien de plus normal dans un Etat de droit Monsieur le ministre! Le procureur est là pour accuser, les juges pour condamner ou dans ce cas acquitter!

L'orientation du ministre de la justice est claire: il souhaite que la justice mette le moins possible son nez dans les flux financiers. Pas étonnant que le ministre plaise tant à M. Mirabeau, le président des banquiers suisses!